le modèle d’ensemble logico-historique 2(1974)

L�extrait qui suit est une longue citation de la �Logique du Concret� de Christian Riochet.
Cet ouvrage a �t� r�dig� � partir des indications pr�cises de Michel Clouscard, selon l�aveu de l�auteur. Je confirme et j�atteste, � titre personnel que je �peux confirmer �qu�on trouve dans cette �tude la plus parfaite synth�se des th�ses de �L��tre et le Code�.
L�ouvrage est rest� in�dit � cause d�une pol�mique conceptuelle entre Riochet et Clouscard.
Le mod�le d�ensemble logico-historique et l��pist�mologie du code.
L�extrait qui suit d�taille comment, apr�s l�analyse critique du savoir de classe, du n�o-kantisme comme l�expression du v�cu de classe, inconscient th�orique et manifestation du �corps-sujet signifieur�, Michel Clouscard va proposer un d�codage au travers d�une ��pist�mologie du code�.
Pour r�aliser cela, un des fondements de son cadre th�orique et de sa base conceptuelle est le �mod�le d�ensemble logico-historique�.
L�extrait qui suit se trouve dans � � La Probl�matique� ; �deuxi�me partie de l�indispensable � � La Logique du Concret� de Christian Riochet.
A partir de sa critique de l��pist�mologie bourgeoise qui devient critique du n�o-kantisme, le r�el et la rationnel demeurent scindes pour l��pist�mologie qui refuse le cadre de la �raison dialectique�. �Le r�el et le rationnel sont s�par�s �par la dichotomie empirisme � formalisme , Ph�nom�ne � Noum�ne , ph�nom�nologie � ontologie.
Alors, pour d�passer cette impasse de la philosophie de la connaissance bourgeoise, Clouscard expose comment produire �Le contre-mod�le du n�o-kantisme�. Il va d�tailler et justifier les d�terminations �pist�mologiques de son mod�le d�histoire, � savoir le mod�le d�ensemble logico-historique. Ainsi, il parvient � construire son ��pist�mologie du code� qui permet de comprendre ce qu�est le n�o-kantisme comme arrachement partiel � la substance. Si le code n�o-kantien rel�ve d�un r�alisme logique, celui est partiel et si l��pist�mologie bourgeoise rencontre la n�gation de l��tre par le proc�s de production, c�est selon les probl�matiques sp�cifiques et les int�r�ts de classe des classes dominantes qui acc�dent et contr�lent le capital logique de l�humanit�.
Si Marx avait d�finit le processus d�accumulation primitive de la richesse objective ( notamment ), en r�int�grant une composante h�g�lienne, Clouscard propose la critique des privil�ges de classe dans l�accumulation primitive du savoir pour poursuivre la soci�t� de classe, et non pour construire son d�passement. L��pist�mologie bourgeoise organise le caract�re ind�passable des apories �pist�mologiques dont le d�passement remettrait en question les repr�sentations sociales, les cat�gories existentielles de la connaissance et les privil�ges de la classe savante.
D�o� l�int�r�t politique pour le genre humain d��tudier ce mod�le d�intelligibilit� des rapports entre soci�t�, classes sociales et savoir.
S.B.
II � L�AXIOMATISATION
DES ACQUIS EPISTEMOLOGIQUES
[ DE LA CRITIQUE DU NEO-KANTISME ]
LE CONTRE-MODELE DU NEO-KANTISME.
La triple critique du n�o-kantisme.
On peut retrouver trois critiques essentielles faites au n�o-kantisme.
- le n�o-kantisme est un id�alisme subjectif. 1 ) Il hypostasie le sujet de la connaissance en un absolu. 2 ) Il cherche � donner au r�el le sens de l�ant�pr�dicatif. Il escamote la r�alit� par ces deux proc�d�s.
- Le n�o-kantisme est une science du parcellaire : �Ses structures de cr�ation et son dynamisme lui imposent des saisies tronqu�es de la r�alit�.
- Le n�o-kantisme est une formalisation destin�e � am�nager au marxisme un pseudo av�nement dans la culture bourgeoise. C�est un mandarinat petit-bourgeois.
Cette triple critique du n�o-kantisme cr�e un mod�le, un mod�le qui n�est que la syst�matisation de son non-dit.
Le contre-mod�le.
Ce rep�rage du fonctionnement du n�o-kantisme permet de former un contre-mod�le, r�sultat d�un renversement qui op�rera une coupure �pist�mologique radicale.
2.1 � Le renversement.
La m�thodologie se pr�cise. Elle consiste � r�v�ler le n�gatif du discours n�o-kantiste. Elle est une lecture � rebours, l�inversion des propositions fondamentales du n�o-kantisme. Elle est codification du non-dit, une interpr�tation inverse.
2.2 � La coupure radicale.
Ce renversement institue une coupure radicale. Cette coupure n�est pas intra id�ologique, modifications de concepts d�une discipline � une autre. Cette coupure, parce que renversement, veut d�noncer l�ensemble n�o-kantien comme id�ologique. Elle veut s�en d�gager. Elle veut reprendre la d�marche exemplaire de Marx.
2.3 � Le contre-mod�le.
Le contre-mod�le sera la r�ponse m�thodologique au mod�le bourgeois et l�habilitation scientifique de l��tude qu�il permet. Ce sera le mod�le d�ensemble historique qui autorisera l��pist�mologie du code, le r�alisme radical, la logique du concret, la m�thode historique, la continuit� non id�ologique du marxisme, enrichi par un combat et par les acquis �pist�mologiques de cette lutte.
III � L�EPISTEMOLOGIE DU CODE :
LA NEGATION
DE L��TRE
PAR
LE PROCES DE PRODUCTION.
La m�thode historique.
La m�thode se d�finit � trois niveaux et selon trois propositions.
Premi�re proposition :
Le sujet de la connaissance est une r�sultat historique, r�sultat de la d�marche historique, conditionn� par elle.
Deuxi�me proposition :
Le sujet transcendantal est historiquement produit. Ceci ajoute � la premi�re proposition que le sens du sujet est celui de la production, du proc�s de production.
Troisi�me proposition :
Le sujet de la connaissance est objet de la connaissance, comme r�sultat de deux moments historiques.
Le mod�le d�ensemble historique.
La radicalisation r�aliste propos�e par la m�thode historique conduit au mod�le d�ensemble historique.
Le mod�le d�ensemble historique est cons�cutif aux acquis �pist�mologiques obtenus par la pol�mique. Il sera la garantie scientifique de la d�marche entreprise. Il vient donc avant cette d�marche et la conditionne. Mais on verra que ce constructivisme, cet a priori est lui-m�me cons�cutif de la r�alit�, du r�el.
2.1 � L�armature logico-formelle.
Chacun des termes de la proposition : � mod�le d�ensemble historique � doit �tre d�fini conceptuellement. C�est une armature logico-formelle qui permettra un premier acc�s conceptuel.
Le concept de mod�le se d�finit � deux niveaux.
Au niveau de la relation syntaxe-s�mantique. La syntaxe est le syst�me formel des r�gles de formation. La s�mantique est le syst�me des r�gles de correspondance avec le domaine historique.
A un deuxi�me niveau, le domaine syntaxique ne donne pas le domaine d�objets s�mantiques. L�empirie atteinte par la correspondance n�est pas recensable.
2.2 � L�identification syntaxe-s�mantique au mat�rialisme dialectique � mat�rialisme historique.
Ce syst�me formel sera constitutif du mod�le historique car :
- la relation syntaxe-s�mantique est identifi�e � la relation mat�rialisme dialectique � mat�rialisme historique. Le mat�rialisme dialectique est une science suffisamment �labor�e pour conc�der un stock de signes non recensables. Le mat�rialisme historique autorise l��tude d�un champ historique, la correspondance.
- La structure et la th�orie des ensembles sont identiques. Ce dernier point est la cons�quence du premier.
2.3 � Le transfert dans l�histoire.
Une r�gle fondamentale de formation sera d�gag�e du mod�le formel. On admettra qu�� toute circonstance individuelle formelle correspondra un objet de la structure, d�une part, et qu�� toute constante pr�dicative correspondra un sous-ensemble de la structure, d�autre part.
Cette r�gle fondamentale de formation sera transf�r�e au mod�le historique. Ce transfert est habilit� par le caract�re scientifique des deux disciplines, logique et histoire.
Ainsi, la syntaxe du mat�rialisme dialectique se construit selon la syntaxe du concept de ce mod�le. On admettra trois niveaux :
Niveau A : niveau fixe des constances r�f�rentielles.
Niveau B : niveau des propri�t�s des constantes.
Niveau C : niveau des variables individuelles.
Le niveau A d�veloppe le niveau B qui d�veloppe le niveau C.
2.4 � Le transfert dans l��conomico-historique.
Par analogie on pourra dire : l��conomique est principe g�n�rateur du juridico-politique, lequel d�veloppe les formes de la conscience sociale.
Cette syntaxe s�applique ainsi au mode de production.
- � Le syst�me des m�diations.
La mise en relation dans l�ensemble historique des trois niveaux A, B et C suppose un syst�me de m�diations. Le syst�me de m�diations est l�Etat et est assimilable � la causalit� structurale (voir � analytique �).
Le mod�le d�ensemble historique a donc �t� form� � trois niveaux : logico-formel, historico-�conomique et au niveau du m�diateur-Etat.
La construction de ce mod�le montre que le � proc�s de production d�un mod�le historique est assimilable � la fonction de construction du concept de mod�le �.
L��pist�mologie du code. 1 Dans ce passage,
La formation scientifique du mod�le d�ensemble historique � dont nous venons de restituer le processus le plus simplifi�, squelettique � donne acc�s � l��pist�mologie du code.
Comme transgression des interdits �pist�mologiques bourgeois, L��tre et le Code est d�abord une nouvelle anthropologie.
Cette anthropologie reprend donc les probl�mes du n�okantisme, que le n�okantisme ne veut pas r�soudre, les probl�mes du concret de classes. Le sujet de la connaissance est abord� radicalement, selon la vraie anthropologie qui fournit la r�v�lation des raisons historiques. Sont reprises alors les conditions historiques du savoir, que le n�okantisme, l�id�ologie bourgeoise actuelle a pour fonction d�occulter.
La coupure �pist�mologique autorise la recherche, la d�termination des conditions qui ont amen� et permis � la praxis de produire le statut du savoir. La praxis est un savoir, est la production d�un savoir. Le savoir de la praxis a �t� progressivement arrach� de son �tymologie, de sa matrice. Toute une infrastructure du superstructural a �t� institu�e pour couper le producteur des b�n�fices �pist�mologiques, scientifiques, qu�il autorisait.
Les conditions mat�rielles de possibilit� de la science, de la bourgeoisie sont fournies, �labor�es, puis maintenues par l�ouvrier. Le discours culturel est articul� � la logique de la production. Il doit l��tre. La pol�mique, puis la construction du mod�le d�ensemble, ainsi que sont transfert dans l�histoire, forment le tout d�une d�marche scientifique justificatrice. Ainsi peut-on ensuite dire comment, historiquement, le sujet logique est produit.
C�est l� la premi�re cons�quence du blanc-seing scientifique que l�on a pu d�livrer. Le r�alisme logique devient alors le fondement de la scientificit� de l�histoire concr�te, donne acc�s � la probl�matique d�cisive de l�histoire : le surgissement du sujet de la connaissance. La vraie anthropologie dira cette comp�n�tration de l�histoire, du savoir, et du sujet. Le sens de l�histoire donnera un avant et un apr�s, un avant le savoir et le sujet, et un apr�s ce moment d�cisif que la production originelle fera advenir, qui sera l�av�nement du savoir de cette production, du savoir des forces productives et des rapports de production.
Ainsi le discours id�ologique, en d�voilant � contraint et forc� � les lois de l�oubli qu�il a patiemment promulgu�es, montre la r�alit� qu�il cache. Le r�alisme logique se substitue � l�id�alisme. L��pist�mologie s�est produite comme champ de production. L��pist�mologie du code dit comment la r�alit� est connue par l�intellect, comment la pens�e peut conna�tre l�organique.
L�av�nement scientifique � nous dirons d�s maintenant : marxiste-l�niniste � de cette anthropologie a trois effets, parmi d�autres, que nous voudrions privil�gier.
Comme premier effet, c�est une approche nouvelle du probl�me du corps.
Le corps n�est qu�id�ologie, le point d�appui sur lequel l�id�ologie en g�n�ral fonde son id�alisme subjectif le plus acharn�. Le r�alisme radical reconna�t explicitement la projection id�ologique et en donne la lecture inverse, en r�v�le le non-dit. C�est le contre-mod�le du corps qui est fourni. Son premier effet est � privil�gier, car il r�duit consid�rablement la plate-forme strat�gique de la r�action subjectiviste. Le corps a traditionnellement �t� ce sur quoi le subjectivisme s�est r�alis�. Il autorisait en effet les plus grandes affabulations. Comme substance, il �tait rel�gu� dans le monde incontr�lable du noum�nal. Comme acte, praxis, il �tait soumis absolument � l�id�ologie du signe. Dans ce cas, ou bien il �tait identifi� au sexe ou bien il disparaissait comme ineffable, insaisissable, ce qu�il fallait r�duire, et briser tant la spontan�it� originelle troublait le sens du pratique � catholicisme ou psychanalyse. Le r�alisme radical rappelle l��tymologie du proc�s de production, la substance originelle, l��tre premier. Le corps produit le premier moyen de production, et il est produit du moyen de production. Il est l�ambivalence de fait que l�histoire devait aborder. Le corps est partie int�grante du proc�s, du devenir. Son av�nement est historique et le parcours de sa disparition, de son occultation, est intimement li� au parcours et � l�occultation de la lutte des classes. Sa r�habilitation, son surgissement objectif sera le sympt�me effectif du surgissement de la soci�t� sans classe.
Comme deuxi�me effet, c�est l�exploitation syst�matique de toutes informations scientifiques susceptibles d�aider l�anthropologie. C�est la tentative d�actualisation de la pluridisciplinarit�. Elle est la r�ponse marxiste-l�niniste � la tactique du parcellaire dont l�id�ologie bourgeoise s�est faite l�utilisatrice. Elle permet un regroupement des disciplines �parpill�es, ce qui en r�duisait la port�e et l�efficacit�. Elle redonne une vigueur nouvelle en �largissant le champ du conna�tre, en brisant les bornes install�es par la rationalit� n�o-kantienne. La pluridisciplinarit� marxiste-l�niniste ne craindra pas d�interroger toutes sciences �labor�es qui sauraient lui fournir les r�sultats authentiques de ses op�rations.
Le troisi�me effet est interne au d�veloppement conceptuel de L��tre et le Code. Le devenir du concret, le proc�s de production, le sens de l�histoire demandait un langage logique. Toute expression de ce langage du concret s�ins�re de lui-m�me dans une armature logico-formelle, effet second de la r�alit�. Le langage du concret se produit selon un plan logique parce que le concret d�veloppe lui aussi le plan logique de ses d�terminations. Aussi revenons rapidement sur le plan du livre lui-m�me. Il est form� de trois parties : la structure f�odale, c�est-�-dire le commencement �conomique de l�ensemble historique �tudi�, en est la premi�re partie. Puis c �est l��tude du corps, des moments du sujet, de la gen�se de la subjectivit�. Enfin c�est l�expos� de la logique du superstructural, la r�conciliation des contradictions, l�av�nement de la culture bourgeoise. On peut dire que le Livre I a comme suite le Livre III ; Livre III qui ne donne que les effets dans la structure pr�-capitaliste du dynamisme embryonnaire du capitalisme. Le livre II � �tude du corps et du sujet � pourrait donc trouver sa place apr�s le Livre III, car il est en fait le compte-rendu exhaustif du passage de la substance � l�individualit�. Mais ce livre II expose aussi la continuit� des conduites subjectives et des conduites macro-sociales. Or le livre I peut �tre interpr�t� comme l��tude globale de l�av�nement de l�individualit� �tymologique � correspondant � la production des cellules originelles et � la culture qu�elle autorisait, le chevaleresque dans le macro-social, c�est-�-dire dans une �conomie structur�e, dans laquelle les comportements de groupes et de strates vont �tre d�terminants. Le Livre II sera contemporain du Livre I et non sa suite. Le Livre III de m�me, car alors le Livre II sera le trait d�union entre le Livre I et le livre III. Le plan devrait �tre vertical. Dans ce dernier cas, si la lecture �tait possible, on aurait la vue d�ensemble la plus d�terminante. En poursuivant notre reconstruction logique du plan, on pourrait exag�rer la logique en admettant que le Livre II soit avant le Livre I.
On aurait :
Livre I, II, III
Livre I, III, II
Livre II, I, III et Livre (III II I)
Quelque soit l�un des quatre plans possibles, on retrouvera une implication logique qui renverra dialectiquement � chacune des parties. De plus, chacun de ces quatre plans peut renvoyer � un autre plan, dont il en sera soit la compl�mentarit�, soit l�exclusion, soit la synth�se. Enfin, chacun des chapitres de chacun des livres peut renvoyer � son correspondant les deux autres livres. On remarquera que le Livre II ne peut se trouver apr�s le Livre III, et que le livre III ne peut non plus se trouver avant le Livre I. C�est que l��conomique est d�terminant en derni�re instance. Donc le Livre I doit toujours, de toute fa�on, se trouver avant ou � pendant � les Livres II et III.
Aussi pourrait-on admettre une correspondance logique interne � L��tre et le Code qui trouverait s�rement un enrichissement dans un expos� syst�matique sur la base de la th�orie des ensembles.
Comme av�nement d�un langage logique du concret logique, le r�alisme radical voudrait d�passer l�empirisime de l��pist�mologie bourgeoise, restituer au marxisme-l�ninisme une technique qui appartient au producteur : la logique. Alors le r�alisme radical serait la tentative ambitieuse de fournir au niveau du concept, au niveau philosophique, la r�ponse � la question : comment la logique de la production d�passe l�empirisme de la production ? Ainsi l�histoire aurait-elle �t� r��crite selon ce probl�me.
Comme transgression des interdits �pist�mologiques bourgeois, L��tre et le Code est aussi l��tude de la libert� comme production historique. Le r�alisme radical s�efforce d��tre la totale expression des rapports de classe. Pour ce faire, il reprend pas � pas l�origine infrastructurale de ces rapports. Il indique que seule la force productive, la praxis peut arracher l�homme de son �tymologie. La praxis est une culture de la nature, est une nature cultur�e. La libert� est d�abord le d�passement dans et par la praxis des d�terminations substantielles, du concret imm�diat. Mais cette premi�re libert�, embryonnaire, ne d�clenche pas m�caniquement une libert� de la personne. La personne n�est pas encore. La conqu�te de la personne est une conqu�te historique, contre, partant de la nature, puis contre, partant de la soci�t� de classes. Le r�alisme logique permet alors de montrer la production du statut de la libert� selon la lutte des classes. La libert� est une d�termination, non l�absence de toute d�termination. La libert� doit se d�terminer, doit �tre restitu�e dans ses conditions mat�rielles de possibilit�s. Or, il n�y a de d�terminable que de l�accompli, que du r�volu. Le savoir de la libert� ne porte que sur le pass�. C�est la fatalit� de la science qu�est l�histoire. Le marxisme-l�ninisme rappelle donc que la strat�gie du n�o-lib�ralisme est de conduire � la confusion de la libert� comme d�termination d�une soci�t� sans classe et � la pseudo libert� comme d�termination socioculturelle de l�id�ologie, pseudo libert� individualiste, conditionnel de la soci�t� de classes. Une soci�t� sans classe autorise une libert� d�termin�e. Une soci�t� de classe autorise une libert� conditionnelle.
Telle sera la probl�matique de L��tre et le Code : la gen�se des d�terminations de classes, l��tude de la libert� conditionnelle du savoir escamot� au producteur, de l�immanence du principe de plaisir � la classe dominante, de la localisation historique du corps. La syst�matique des rapports consommation-production sera l�objet de la th�orie d�un ensemble pr�-capitaliste. Cette th�orie pose comme postulat la mutation interne des forces productives, le rapport �tre-code comme variable. � Et c�est justement cette mutation interne de l�ensemble �tudi� qui est notre probl�me. � L��tre et le code ne sont que le double aspect de la r�alit�. Les rapports de l��tre et du code doivent �tre vus selon la logique de la production. C�est la probl�matique r�volutionnaire, marxiste-l�niniste.
La dialectique de la mutation interne, la codification des passages de l��tre au code, de l�infrastructural au superstructural, l��nonc� conceptuel du processus de l�histoire n�est que le probl�me �pist�mologique de l�int�gration de la dynamique � la structure. La dynamique n�est accueillie par la structure qu�� condition d�intervenir dans le sens de l�histoire. La structure � comme structure de classe � a pour fonction de m�diatiser, de codifier, de structurer. La probl�matique de L��tre et le Code d�finit les manifestations de l�intrusion de la dynamique dans la structure, du devenir dans l�acquis, du d�termin� dans le conditionnel. Enfin, la derni�re probl�matique est celle d�une soci�t� sans classe, l�espoir r�aliste d�un ordre rationnel, qui rendra la production au consommateur et la consommation au producteur.
Note I
La probl�matique de L��tre et le Code est sous-tendue par une probl�matique philosophique. A strictement parler, un probl�me d�histoire de la philosophie n�est l�objet ni du proc�s de production de l�ensemble pr�-capitaliste, ni de notre travail.
Mais nous en exposerons malgr� tout les grandes lignes, de fa�on � mieux comprendre la r�ponse � l�objection que nous pourrons faire � ce sujet dans la � critique �.
La m�thode historique admet la contemporan�it� logique de Kant, Hegel, Marx et L�nine. Le maxisme-l�ninisme est d�j� acquis. Bornons-nous � la contemporan�it� logique de Kant, Hegel et Marx.
L�histoire est le fondement �pist�mologique de la logique. Le r�el est logique et le r�alisme logique dit le r�el. Si l�histoire est bien le fondement �pist�mologique de la logique, alors on peut revoir de fa�on r�volutionnaire � pour l�histoire de la philosophie � les rapports de Kant, Marx et Hegel.
L�aboutissement du proc�s de production est le sujet logique. Le savoir produit par ce proc�s de l�ensemble pr�-capitaliste est donc le sujet transcendantal kantien. Kant ne fait que syst�matiser l�acquis culturel de la bourgeoisie. Partant de cet acquis, de cette rationalit� advenue, le kantisme sera doublement prolong�. Il sera prolong� par le n�o-kantisme. Ce que nous avons vu. Mais il sera aussi prolong� par la raison dialectique, c�est-�-dire Hegel et Marx. De cet acquis commun, Hegel dira un mode de la raison dialectique : la r�alit� superstructurale. Marx dira un autre mode de la raison dialectique : la r�alit� infrastructurale, dont la superstructure n�est que l�expression. Hegel et Marx partent de Kant. Alors � et nous atteignons le point capital que nous retrouverons dans la � critique � � l��pist�mologie du code est le � lieu de r�conciliation de Marx et de Hegel �. Elle est la reprise du projet kantien de rationalit� pour atteindre � cette r�conciliation, qui, si elle est aboutie, marque l�av�nement d�une nouvelle rationalit� moderne.